Réussir son intégration et s’adapter à la vie en Australie

Partir pour six mois, rester quatre ans : voilà le genre de virage qui ne s’anticipe pas sur un simple coup de tête. Terka, arrivée en Australie avec un visa étudiant, s’est installée durablement à Sydney. Ensemble, nous avons décortiqué les réalités de l’expatriation : études, boulot, coût de la vie… et cette adaptation qui tord parfois le cou aux idées reçues.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Qui êtes-vous et pourquoi vous intéressez-vous à ce pays (Australie) ? Vous souvenez-vous de la toute première pensée qui vous a conduit en Australie ?

Je m’appelle Terka, je viens de Prague. Après trois années passées chez HP en Tchéquie, mon parcours m’a menée au Luxembourg durant neuf mois, puis de retour dans l’hôtellerie, avant de m’envoler pour Sydney en 2014. Pour être honnête, mes hésitations se jouaient entre l’Angleterre, les États-Unis et l’Australie. L’Angleterre, déjà testée, m’a refroidie avec ses averses et son vent. Restait le choix entre États-Unis et Australie : l’appel de l’autre bout du monde, ses plages, son climat, la sensation de liberté. Une connaissance sur place a fini de me convaincre : elle n’en disait que du bien, sans la moindre nuance.

Pourquoi partir ? Il y a, selon moi, trois profils : ceux qui n’ont pas d’attaches fortes, ceux qui traversent des moments difficiles chez eux, et ceux qui poursuivent un rêve, parfois de longue date. Je me range dans la deuxième catégorie. Même si la décision était impulsive, je ne regrette rien : c’est probablement la meilleure chose que j’aie faite. Ce pays m’a offert des expériences, un anglais solide, et une ouverture d’esprit inestimable.

Vous êtes en Australie depuis 4 ans. Avez-vous pris un visa étudiant, dans quelle école avez-vous étudié ? L’agence vous a-t-elle aidé ou avez-vous tout arrangé vous-même ?

L’agence Australia Online m’a accompagnée dans toutes les démarches, avec une équipe disponible et bienveillante. Ils m’ont proposé différentes écoles ; j’ai opté pour AICE, en anglais général pour six mois. Mais une fois sur place, avec un travail et une routine qui s’installent, six mois passent à une vitesse folle. Au final, mon séjour s’est étiré sur quatre ans, le temps d’obtenir un diplôme au City Institute, puis un advanced diploma en management, suivi d’un diplôme de marketing à l’APC et une partie de l’Advance.

Quelle est la différence entre les études en Australie et les études en République tchèque ?

Ma formation d’origine, la polygraphie, n’a pas grand-chose à voir avec ce que j’ai étudié ici. En Australie, l’expérience en classe diffère radicalement : le professeur est là pour répondre aux questions mais l’essentiel du travail repose sur la recherche personnelle, l’exploration sur Google, la confrontation d’avis et d’options diverses. Les évaluations sont fréquentes, chaque semaine, et il faut souvent résoudre des situations concrètes par soi-même. Les réponses toutes faites sont rares.

Le début n’a pas été simple : le vocabulaire spécifique, les concepts nouveaux, tout demandait un effort. J’ai l’impression que TAFE et les universités australiennes offrent encore autre chose ; si c’était à refaire, j’aimerais tenter ces établissements, même si l’investissement, en temps comme en argent, est bien plus conséquent.

Vous avez travaillé sur toute une gamme de postes, pouvez-vous donner aux lecteurs un bref aperçu de l’endroit où vous avez travaillé partout, de la façon dont vous avez cherché du travail et de la façon dont vous êtes passé à d’autres postes ?

Mon parcours professionnel ici est plutôt varié, au point qu’il serait difficile de tout énumérer. Deux semaines après mon arrivée, j’ai décroché un poste de cuisinière dans un restaurant asiatique végétarien. C’est, à mon sens, le point de départ idéal quand on maîtrise mal l’anglais : le rythme est soutenu, on communique surtout avec ses collègues et on apprend sans peur du ridicule.

Les Australiens sont patients, prêts à répéter dix fois la même chose sans s’agacer. J’y suis restée six mois, puis j’ai enchaîné avec trois mois dans une entreprise de traiteur, toujours en cuisine. Ensuite, direction un café : sans expérience en barista, j’ai eu ma chance et j’y suis restée un an. Ce fut un vrai défi de passer des fourneaux à la salle et de gérer l’échange direct avec les clients.

Dès le premier jour, il a fallu apprendre à discuter, à préparer le café devant les clients. Si je peux donner un conseil, ce serait de tenter de sortir de la cuisine dès que possible : c’est en contact avec la clientèle que l’anglais progresse vraiment. Après ça, tout s’est accéléré.

J’ai ensuite trouvé un autre poste de barista pendant trois mois, jusqu’à ce qu’on me propose un poste évolutif, avec une option de sponsoring à la clé si je faisais mes preuves. J’ai été superviseure, puis formée à la gestion, et j’y travaille encore aujourd’hui.

Pour trouver un job ici, plusieurs options existent :

    Voici quelques pistes concrètes pour décrocher un emploi :

  • Barista, aide-cuisinier, plongeur, agent d’entretien, serveuse… la liste est longue et accessible.
  • Déposer son CV sur les sites spécialisés attire parfois directement l’attention des employeurs.
  • Attention toutefois : ces sites sont ouverts à tous, ce qui multiplie les messages douteux, les appels suspects ou des questions qui n’ont rien à voir avec le poste.

Avoir un CV solide est la base, sans enjoliver ses compétences. J’ai vu défiler des candidats qui se disaient experts barista, incapables de manipuler correctement la machine à café. La réalité finit toujours par s’imposer, et c’est une perte de temps pour tout le monde.

Est-ce difficile de trouver un emploi en Australie pour les Tchèques qui y étudient en même temps ? Est-ce que c’est un dérapage de temps ?

La communauté tchèque ici est particulièrement travailleuse. Au début, on n’a rien d’autre à faire que de s’accrocher, surtout avec un anglais hésitant. Si on ne rechigne pas à travailler tôt, tard, ou à accepter n’importe quel poste, on finit par s’en sortir. J’ai entendu des histoires de personnes qui peinaient à trouver un job au bout d’un ou trois mois : souvent, elles étaient très sélectives ou pas vraiment impliquées.

Le secret, c’est de démarrer en bas de l’échelle, sans se préoccuper de ce que l’on faisait chez soi. Si on suit des cours d’anglais général quatre à cinq fois par semaine, c’est plus compliqué, mais loin d’être impossible. Il faut juste organiser ses plages horaires, choisir entre matin ou après-midi pour travailler.

En école professionnelle, la fréquence des cours (deux à trois fois par semaine) laisse plus de flexibilité. Mais il existe des règles spécifiques : certains postes exigent une certification locale (par exemple pour servir derrière un bar), facile à obtenir mais néanmoins obligatoire.

Maintenant, vous avez des visas de parrainage, je veux dire, est-ce le rêve de nombreux Tchèques qui se dirigent vers l’Australie ? Recommanderiez-vous un moyen de chercher un emploi où vous avez la possibilité d’obtenir des visas de parrain ?

Obtenir un visa sponsorisé, c’est clairement l’objectif de nombreux expatriés souhaitant s’installer durablement. C’est une étape vers la résidence permanente, puis le passeport australien. Il y a d’autres voies : les visas partenaires, l’université… mais j’ai eu la chance de décrocher un poste qui m’a plu, sans viser le visa à tout prix. Les choses se sont faites naturellement, même si j’ai beaucoup travaillé. D’ailleurs, les visas rattachés à mon poste disparaissent progressivement, j’ai donc fait partie des derniers à pouvoir en bénéficier.

Il faut savoir qu’un diplôme ou advanced diploma correspondant au poste visé par l’employeur est généralement exigé. Pour les autres métiers, mieux vaut demander dès le départ si la possibilité de parrainage existe.

Combien coûte la vie à Sydney par rapport à la vie en Bohême ?

Il y a trois ans, j’aurais dit que la vie ici coûtait bien plus cher. Mais après un retour récent en Tchéquie, le constat est moins tranché, notamment sur la nourriture. Les salaires sont plus élevés ici, mais la différence de prix s’est atténuée.

Pour les vêtements, c’est environ deux fois plus cher, mais cela varie. La bière au pub coûte trois fois plus, en bouteille c’est cinq fois plus. Par contre, certaines boissons alcoolisées comme le whisky ou la vodka restent abordables en magasin. Les fumeurs, eux, vont vite déchanter : un paquet de cigarettes tourne autour de 25 dollars, de quoi freiner les ardeurs.

Au fil du temps, on réalise que d’autres dépenses prennent le dessus : l’essence reste moins chère qu’en Tchéquie, acheter une voiture est abordable, à condition d’avoir le permis local. Le transport public, lui, est coûteux. Il fonctionne avec la carte Opal rechargeable, et un pass hebdomadaire pour aller au travail, à l’école et voir des amis dépasse souvent 30 dollars, soit quatre fois le prix tchèque.

Mais la dépense la plus lourde reste le logement. En République tchèque, on peut louer une chambre pour environ 6 000 couronnes par mois. À Sydney, une chambre privée coûte entre 250 et 400 dollars par semaine, selon la zone et la taille. Beaucoup partagent donc un appartement entre amis pour alléger la facture. C’est aussi mon cas : à trois, nous payons un peu moins de 600 dollars par semaine. Obtenir un appartement implique de fournir des garanties, des références, et de s’armer de patience pour décrocher le logement convoité.

Les Australiens sont-ils amicaux ? Un homme trouvera-t-il rapidement des amis en Australie ?

Les Australiens, dans l’ensemble, sont très ouverts. Dès l’arrivée, on sent une vraie chaleur, une entraide spontanée. Ce contraste saute aux yeux quand on vient d’Europe centrale : ici, on vous sourit dans la rue, on vous adresse la parole sans raison particulière. Un vendeur vous demande comment se passe votre journée, échange quelques mots… C’est la norme !

Pour nouer des amitiés durables, la tendance est de rester entre compatriotes : Tchèques et Slovaques se retrouvent naturellement. Bien sûr, on croise des amis d’autres pays, mais les Australiens restent plus distants, pas toujours enclins à tisser des liens profonds. Il y a des exceptions, tout dépend aussi du lieu de résidence et de travail.

Quelles régions de Sydney recommanderiez-vous pour le logement et la résidence de longue durée ?

Pendant un an, j’ai vécu en plein centre-ville, puis j’ai découvert Drummoyne, un quartier paisible à dix minutes du centre. Le coin est agréable, bordé par l’océan (même si la baignade n’y est pas possible), parfait pour se détendre et profiter d’une vue superbe sur la ville.

Si je devais refaire un choix, j’essaierais de vivre près de la plage. J’ai beaucoup d’amis à Cronulla : le quartier dégage une énergie incroyable, l’air y est différent, les gens sont accueillants et ouverts. À chaque visite, l’impression de vivre des vacances sans fin. Beaucoup de Tchèques s’installent aussi à Dee Why et Manly Beach, et Cronulla attire de plus en plus.

Vivre en bord de mer devient envisageable quand on maîtrise bien l’anglais et qu’on peut cibler un emploi dans des quartiers plus calmes. Il y a moins de postes disponibles qu’en centre-ville, ou alors il faut accepter de faire de longs trajets quotidiens.

Quels sont vos prochains projets ?

Après tout ce temps, l’envie de bouger ailleurs commence à se faire sentir. Comme je l’ai mentionné, mes liens familiaux et amicaux en Tchéquie sont solides, mais l’appel de l’ailleurs persiste. Avant de rentrer récemment, je n’avais aucun projet précis. L’idée de m’installer définitivement ici ne m’a jamais vraiment tentée, sans pour autant envisager un retour immédiat.

J’habite avec une amie, connue de longue date, qui a obtenu un visa pour le Canada. J’ai décidé de la suivre pour vivre l’aventure du working holiday là-bas. Après le Canada, la Nouvelle-Zélande nous attend, selon un plan préparé de longue date. Mais rien n’est jamais figé : les plans évoluent, parfois de façon inattendue, et c’est aussi ce qui fait le sel de l’expatriation.

Au fond, la Tchéquie reste mon ancrage. Même si je n’y retourne pas tout de suite, je sais que ce sentiment d’appartenance est unique. Il reste tant à découvrir dans le monde, et la soif de voyages ne s’éteint jamais vraiment. Merci Terka pour ce témoignage, et que la route vers le Canada et la Nouvelle-Zélande réserve de belles surprises !

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