Adéla Sítková (Chrastinová) s’est formée à l’infographie à la Faculté de génie électrique de la CAT à Prague. Pendant ses années étudiantes, elle s’est engagée dans l’Union étudiante, a contribué à la création du Club Table Her STOH et a cofondé le Women’s Club CTU, notamment à l’initiative de l’événement Steamer. Son implication ne s’est pas arrêtée là : elle a soutenu la fondation d’une nouvelle faculté, y a travaillé à la structuration du département des sciences et de la recherche, puis, à son retour de congé maternité, a activement participé à la promotion de la FIT.
Au fil des ans, Adéla a mêlé traditions et innovations à la faculté : organisation de l’anniversaire de la FIT, lancement du concours Fiťák of the Year, implication au Clash of Faculties, mais aussi naissance du laboratoire d’impression 3D, de la compagnie théâtrale Fittheat1.0 Beta ou encore du Magazine facultaire FIT.
A lire également : Les infos essentielles à connaître sur MSC Croisières
Parmi les moments marquants, elle retient l’organisation du premier grand anniversaire de la FIT dans les dortoirs de Strahov, où sont apparus les fameux t-shirts colorés, et la fierté d’avoir décroché la 3e place au tout premier Fiťák de l’année, catégorie « travailleur FIT » (juste derrière les doyens). Elle se réjouit aussi d’avoir recruté Eliška et Veronika au département communication, renforçant la collaboration entre la faculté et ses étudiants.
En 2011, elle donne naissance à Michael Lev, qui occupe désormais la majeure partie de son quotidien. À la fin de l’année dernière, la famille a posé ses valises à Singapour pour deux ans.
A voir aussi : Que faire à Kyoto ?
1. Sauter le pas et alléger sa vie
Changer de pays, c’est souvent une question de décision. Chez nous, tout s’est enchaîné : annonce à la famille, mariage, tri radical, puis départ. Moins de deux mois pour tout orchestrer. En décortiquant trop longtemps les « pourquoi pas », on finit par rester immobile.
La vraie surprise, c’est de réaliser qu’on vit très bien sans la majorité de ses affaires. Se débarrasser du superflu, donner à des amis, ne garder qu’une valise pour démarrer ailleurs : il y a là une sensation de liberté inattendue. Quand, enfin, nos cartons ont rejoint Singapour, ils ont ramené avec eux le poids du « trop ». Est-ce vraiment nécessaire ?
2. S’adapter aux routines d’un climat constant
À Singapour, le soleil se lève à la même heure chaque jour, la température oscille autour de 30°C, et la pluie ne fait que de brèves apparitions. Ici, la météo ne dicte pas les humeurs. Les journées se ressemblent, ce qui simplifie la création de nouvelles habitudes. Rentrer dans le rythme local devient vite naturel.
3. Revoir ses besoins vestimentaires
La garde-robe s’allège naturellement : des vêtements d’été suffisent toute l’année. Un seul pull pour les espaces très climatisés, et c’est tout. Oubliez les cartons de manteaux : à Singapour, ils ne servent qu’à encombrer.
4. Apprivoiser les langues et les accents
Quatre langues officielles : anglais, chinois, malais, tamoul. Pour s’intégrer, impossible d’y couper, il faut s’y mettre. Les échanges du quotidien font progresser, et pour les enfants, c’est flagrant. Michael Lev, trois ans, a rejoint un jardin d’enfants local sans parler un mot d’anglais. Quelques mois plus tard, il chante en anglais à la maison et commence même à baragouiner du chinois, dispensé par la majorité des institutrices.
Singapour est souvent surnommée « l’Asie pour les débutants » : influences occidentales et orientales cohabitent, et tout le monde finit par se comprendre en anglais, ou plutôt en « singlish », l’anglais singapourien. L’humour local ne manque pas : une « banane », par exemple, désigne un Chinois né ici qui ne parle pas chinois (jaune dehors, blanc dedans). Autre particularité : le « lah » à la fin des phrases, aussi incontournable que le « hein » chez nous.
5. Une organisation millimétrée, une société sous contrôle
Singapour fonctionne sous une forme de démocratie musclée. Le même parti au pouvoir, beaucoup de règles, presse surveillée, coût du logement élevé, mais une efficacité redoutable dans la gestion quotidienne.
Un exemple ? Les transports. Vous achetez une carte, vous validez à l’entrée et à la sortie du métro ou du bus, et vous ne payez que pour la distance parcourue. Résultat : pas de contrôleurs, peu de triche, et tout le monde joue le jeu. La criminalité, elle, frôle le zéro. L’environnement strict porte ses fruits. Des livres comme ceux de Malcolm Gladwell l’expliquent bien.
Même les taxis, souvent évités à Prague, sont ici abordables et utilisés sans arrière-pensée. Les chauffeurs discutent volontiers, donnent des conseils, tout sourire, à condition de suivre la conversation. Le nombre de voitures privées est limité, ce qui rend l’usage du vélo très courant. Nous avons vendu la nôtre avant de partir, et elle ne nous manque pas.
Singapour vise l’exemplarité : une ville propre, sûre, où les sanctions sont dissuasives. Pour se faire une idée, voici un aperçu des amendes et peines encourues :
- Drogue : jusqu’à 20 000 SGD et 10 ans de prison
- Contrebande de drogue : la peine de mort existe
- Vandalisme, vol, cruauté envers les animaux : châtiments corporels possibles
- Conduite en état d’ivresse : 10 ans de prison
- Jet de détritus : 300 SGD + travaux d’intérêt général en gilet orange
- Fumer dans une zone interdite : 200 à 1000 SGD
- Chewing-gum : 500 SGD
- Oublier de tirer la chasse dans les toilettes publiques : 500 SGD
- L’homosexualité reste illégale : un baiser entre hommes en public peut mener en prison
- Cracher, traverser en dehors des passages, incitation à la haine raciale, manger ou boire dans les transports… : tout est passible de sanction
1 SGD équivaut à environ 15 CZK. Ces amendes sont tellement présentes dans la vie locale qu’on en trouve la liste imprimée sur des souvenirs, sous le slogan « Singapore: the Fine City », jeu de mots sur « fine » qui signifie à la fois « amende » et « bien » en anglais. Si la légende veut que le chewing-gum ait été banni suite à des incidents dans le métro, ce n’est pas pour rien.
6. Un patchwork de cultures et de religions
Ici cohabitent bouddhistes, musulmans, chrétiens, hindous, sikhs, taoïstes, confucianistes, athées et libres penseurs. Un chauffeur de taxi m’a appris la nuance : un athée nie toute divinité, un libre penseur admet l’existence d’une force supérieure sans vouloir la définir.
Les quartiers reflètent cette diversité. À Chinatown, boutiques, temples, stands de thé, médecine traditionnelle et diagnostics à la lecture de la main. Little India déborde de couleurs, d’épices et de stands de henné. Dans le quartier arabe, la mosquée du Sultan domine et les amateurs de narguilé s’y retrouvent.
Point intéressant : ici, on peut fêter le Nouvel An plusieurs fois, version chinoise en janvier, hindoue en novembre. Les Européens à la chevelure claire restent rares, ce qui suscite la curiosité : on se fait aborder, les enfants sont caressés, parfois un peu trop, comme ce pédiatre qui, à chaque visite, serrait notre fils dans ses bras et lui offrait des bonbons.
Autre observation : la fascination de nombreux Asiatiques pour l’apparence européenne. Ici, les produits cosmétiques blanchissants abondent. À l’inverse, combien d’Européennes cherchent à bronzer à tout prix ? Un miroir croisé, qui donne à réfléchir.
7. Se nourrir à Singapour : diversité et rituels
La réputation de la cuisine singapourienne n’est plus à faire. Ici, rares sont ceux qui cuisinent chez eux : l’offre extérieure est immense. Manger dans les restaurants peut vite coûter cher, même dans les établissements ordinaires. Les centres de restauration collective, eux, sont incontournables.
Ces « hawker centres » ressemblent à de grandes cantines à ciel ouvert, bordées de dizaines de stands. Chaque étal propose ses spécialités, du poulet au riz aux desserts typiquement locaux comme le « kacang », glace pilée au sirop, tapioca, maïs ou haricots. On commande, on indique sa table, on est servi et on règle ensuite. Les prix peuvent varier : de 60 à 180 couronnes le midi, parfois plus le soir. Attention, il arrive que les touristes paient plus cher que les locaux.
Autre option : les food courts, cette fois dans les centres commerciaux, plus climatisés et avec une offre plus occidentalisée. Enfin, les petits cafés extérieurs, souvent nichés dans les arcades, proposent une carte réduite et des prix plus doux. Partout, les jus glacés, le « kopi » (café) et le « teh tarik » (thé noir au lait) sont omniprésents.
Le café et le thé, ici, sont servis avec beaucoup de lait concentré sucré, parfois glacés. Commander son kopi suppose de maîtriser le jargon local. On peut demander plus ou moins de sucre, de lait, ou ajouter du gingembre au thé. Surprise locale : le café à emporter dans un sachet plastique, paille incluse.
Certains stands sont devenus célèbres, encensés par les blogs et affichés en vitrine. Ils attirent les foules, peuvent pratiquer leurs propres horaires et tarifs, et affichent systématiquement la note d’hygiène (A ou B, contrôlée régulièrement).
La cuisine locale est souvent relevée, une habitude héritée des pratiques asiatiques où les épices jouent un rôle d’assainissement. Le plat le plus classique : poulet-riz-coriandre. Le matin, le petit-déjeuner phare reste le « kaya toast », tartine de confiture coco-œuf, servie avec un œuf mollet et du café.
Pour ceux qui préfèrent cuisiner, l’offre des supermarchés est large, mais les prix oscillent fortement d’un produit à l’autre. Peu de production locale : tout est importé, ce qui permet de goûter à des saveurs exotiques, du thé vert jusqu’aux sushis frais.
8. Le durian, fruit roi… et défi olfactif
Impossible de parler des fruits locaux sans évoquer le durian, qualifié ici de roi des fruits. Sa taille rappelle la pastèque, sa coque est hérissée, sa chair jaune divisée en six compartiments. La légende veut qu’il ne tombe jamais sur la tête de personne, sauf exception, comme ce malheureux en Malaisie en 2001.
Deux bâtiments emblématiques de Singapour reprennent d’ailleurs la silhouette du durian, même si l’intention originelle était différente.
Première dégustation : un goût d’oignon sucré, et une odeur qui imprègne le frigo pendant une semaine. La seconde tentative, partagée avec un voisin amateur, n’a pas davantage convaincu mon mari, mais pour moi, le déclic est venu : la saveur crémeuse, entre crème anglaise et mascarpone, a fini par me séduire. Le durian a sa saison, la meilleure période, c’est mi-juin. Les inconditionnels attendent toute l’année. Et pour apaiser la chaleur du fruit, on recommande de boire de l’eau ou de consommer d’autres fruits rafraîchissants.
Le lendemain, lors d’une dégustation publique de fruits tropicaux, j’ai goûté les trois variétés les plus appréciées. Cette fois, j’ai eu le coup de cœur. Depuis, le durian est devenu mon dessert rituel, jusqu’à la prochaine saison.
9. Vivre l’enseignement supérieur à Singapour
Je n’ai pas étudié à la Nanyang Technological University, mais mon mari, diplômé de la CTU FEL, y a fait un semestre de stage, tout comme un ami doctorant. Ici, les universités figurent parmi les 50 meilleures du monde. Les étudiants prennent leur avenir au sérieux : les études coûtent cher, tous ne peuvent y accéder. Mais décrocher un diplôme, c’est s’ouvrir de belles perspectives, voire participer à des projets d’envergure pour l’État.
Le gouvernement soutient les initiatives étudiantes. Un exemple : un doctorant tchèque, qui peinait à obtenir une simple caméra à Prague, s’est vu proposer à Singapour d’acheter un modèle plus haut de gamme, ou même deux d’un coup. Ici, on ne lésine pas sur les moyens pour l’innovation.
10. L’expérience de la maternelle locale
Placer son enfant en crèche à Singapour, c’est découvrir un niveau de prévention sanitaire inédit. À l’entrée, chaque matin, température, contrôle du cou, des paumes et des pieds pour dépister la maladie main-pied-bouche. En cas de suspicion, tout le monde est informé immédiatement. Lavage des mains obligatoire, apprentissage minutieux dès la petite section.
Chaque semaine, la crèche envoie aux parents des photos et un résumé détaillé des apprentissages. Les réunions trimestrielles s’accompagnent d’un bilan personnalisé pour chaque enfant. Mais la différence culturelle se fait sentir : ici, la pression sur les enfants est forte, l’autonomie limitée. Beaucoup de familles n’ont des enfants qu’à un âge avancé, les mères sont souvent anxieuses, et les enfants sont parfois équipés de laisses ou de chaussures sonores pour être surveillés à chaque pas.
Autre particularité : la présence fréquente d’aides à domicile, souvent originaires des Philippines ou d’Indonésie, qui s’occupent de la maison et des enfants pendant que les deux parents travaillent. Une dynamique bien différente de celle que nous privilégions pour notre fils.
11. Voyager depuis Singapour
La cité-État est un point de départ idéal pour explorer l’Asie du Sud-Est : vols charters, bus, location de voiture pour le week-end. Nous avons ainsi pu visiter des plantations de thé, admirer les jeunes feuilles, profiter de paysages aux couleurs intenses.
Randonner à Singapour même est plus limité : la « montagne » la plus haute culmine à 164 mètres. Mais les pistes cyclables ne manquent pas. Deux ans sur place ne suffiront pas pour tout découvrir.
Avant notre départ, pour dire au revoir à Prague, nous avons emmené toute la famille à Legoland Malaisie. Un paradis pour petits et grands, même si, détail cocasse, beaucoup d’attractions n’étaient accessibles qu’aux enfants de plus de 100 cm. Ce sera pour une prochaine fois.
12. Centres communautaires : le cœur du lien social
À chaque quartier, son centre communautaire. Plus qu’un équivalent de nos maisons de jeunes, ils accueillent tous les âges. Ces bâtiments colorés proposent une multitude d’activités : sport, arts, langues, développement personnel… le tout pour une somme symbolique. L’occasion parfaite de rencontrer ses voisins et d’essayer de nouvelles disciplines.
J’ai enfin pu m’inscrire à un cours de yoga, longtemps repoussé. Ma santé, et mon moral, en profitent largement.
Singapour encourage aussi la vie active dans ses parcs, où l’on trouve des équipements sportifs impeccables à disposition. Là où un simple banc trône à Prague, ici, il est entouré d’appareils de fitness. Les Singapouriens en profitent à toute heure de la journée.
13. Contrastes et opportunités
Vivre à Singapour, c’est expérimenter les extrêmes. La ville s’est hissée cette année en tête des métropoles les plus chères du monde. Le logement pèse lourd dans le budget : une chambre modeste, excentrée, coûte déjà 10 000 couronnes. Les prix explosent dans le centre, tout comme dans les restaurants ou sur Orchard Road. Sortir le soir devient un luxe, sauf le mercredi, où les femmes bénéficient de réductions sur les boissons, parfois gratuites.
À l’opposé, il reste possible de vivre avec un petit budget, au prix d’une qualité moindre. Petite anecdote : nous pensions impressionner nos amis chinois en vantant l’origine tchèque des chaussures Bata. Pour eux, c’est surtout l’acronyme de « Buy-And-Throw-Away », acheter et jeter.
Les perspectives professionnelles sont là, à condition d’avoir une bonne formation et de solides références. La concurrence est rude, les profils du monde entier affluent. Pour les métiers moins qualifiés, il existe aussi des opportunités, mais les conditions sont souvent difficiles. Les aides à domicile vivent en général dans une petite chambre chez l’employeur, totalement dépendantes. Les ouvriers, eux, partagent à douze un appartement de quatre pièces, travaillent de l’aube au crépuscule, et n’ont qu’une courte pause déjeuner. Mais en économisant, ils peuvent offrir une maison à leur famille, et échapper à la spirale de la dette.
Le système de santé est fiable, mais sans assurance, les soins sont hors de prix. Pour une simple réparation dentaire, il vaut mieux attendre le retour au pays. Mais l’efficacité reste au rendez-vous : consultation, ordonnance précise, médicaments remis sur place. Pas de passage par la pharmacie, pas de surconsommation.
14. Apprécier ce que l’on a laissé derrière soi
La distance pousse à mesurer la valeur de ce que l’on a quitté. Ici, l’automne ne succède pas à l’été, les visites à la famille se font rares, et les horaires rendent les discussions avec les proches difficiles. Les amis, le travail, les passions d’avant la maternité me manquent. L’éloignement accentue tout cela. Reprendre peu à peu du temps pour soi passe par de petits pas : l’enfant à la maternelle quelques heures, un peu de liberté retrouvée.
Les rencontres locales restent superficielles. Les liens sont ailleurs, les groupes de mamans ne me ressemblent pas, les réseaux tchèques et slovaques ne m’ont pas encore permis de trouver une réelle affinité. Ici, la vie privée est jalousement défendue, les échanges profonds rares, et l’on ne retrouve pas l’ambiance des maisons de thé tchèques, où l’on peut se confier autour d’une tasse de thé. Ce rituel me manque terriblement.
15. Se redécouvrir
Habiter à Singapour sans attaches durables, c’est vivre dans un entre-deux. Je me sens nomade, en transit dans un hôtel de rêve, sans projet à long terme. Cette parenthèse m’amène à relativiser, à questionner mes priorités et à goûter vraiment l’instant présent.
Mon quotidien change, mon rôle de mère prend de l’ampleur, chaque jour a sa nouveauté. Avec le recul, je mesure que tout ce que l’on a semé finit par se transformer, d’une façon ou d’une autre. Écrire ces lignes dans un véritable magazine, c’était un vieux rêve, devenu concret. Merci à ceux qui y ont contribué et à ceux qui, aujourd’hui, perpétuent cette dynamique. Que chacun, ici ou ailleurs, trouve un jour la satisfaction de voir ses efforts revenir amplifiés.
Café Singapourien
Kopi (café avec lait concentré sucré), Kopi-gau (café fort avec lait concentré sucré), Kopi-po (café léger avec lait concentré sucré), Kopi-C (café avec lait évaporé), Kopi-C-Kosong (café avec lait évaporé, sans sucre), Kopi-O (café noir sucré), Kopi-O-Kosong (café noir sans sucre ni lait), Kopi-O-Kosong-gau (café noir fort, sans sucre ni lait), Kopi-bing ou Kopi-Ice (café avec lait concentré, sucre et glace), Kopi-Xiu-dai (café avec lait concentré, moins sucré), Kopi-Gah-dai (café avec lait concentré, très sucré).
Auteur : Adéla Sítková, fondatrice d’Obe FIT
Photo : Adéla Sítková

