Le meilleur moment pour profiter de Sydney

Il n’est certainement pas inconnu des lecteurs l’histoire du « Roi du fromage » Milan Exiles, qui a fondé l’usine Lactos à Burnie, en Tasmanie en 1955 et construit l’usine Lactos de ses propres mains. Peu de temps après, il est devenu la plus grande fromagerie jamais enregistrée dans l’hémisphère sud. On sait cependant peu de choses sur son prédécesseur Karl Vajbar (1893-1954), qui s’était consacré à la fromagerie de l’île depuis les années 1920. Il a déjà écrit ses destins intéressants entre les guerres pour continuer pour l’Institut tchécoslovaque, entretenant des contacts avec ses compatriotes partout dans le monde.

En 1928, Karl Vajbar débarque en Tasmanie. À l’époque, l’île compte à peine 210 000 habitants, dont 60 000 réunis à Hobart. L’économie tourne au ralenti, dominée par l’agriculture. D’immenses étendues restent en friche, colonisées par des fougères épaisses. Les exportations se limitent aux produits laitiers, à la laine, au beurre, au fromage et, plus inhabituel, aux peaux de kangourous ou d’opossums. L’Australie reste une contrée lointaine pour les entrepreneurs venus de Tchécoslovaquie, qui peinent à y voir des perspectives concrètes. Vajbar, originaire de Rakvic en Moravie du Sud, n’arrive pas par hasard : formé à l’école laitière de Kroměříž, il a combattu dans les légions en Italie pendant la Grande Guerre, avant de revenir et travailler dans des laiteries à Ostrava et Želetava. Là, il croise la route de Ladislav Veska, un agronome lancé dans un périple australien après avoir quitté la commission agricole de Brno.

Le bouche-à-oreille rapporte alors l’existence d’opportunités à l’autre bout du monde. Vajbar tente sa chance. Il s’installe d’abord à la périphérie de Melbourne, où il ouvre une fromagerie à la fin de 1927. Mais l’affaire ne prend pas : le lait manque, le marché lui échappe. Il se remet en quête d’une piste. Une annonce attire son attention : une ferme abandonnée de plus de 1500 acres à Myrtle Grove, dans les montagnes du nord de la Tasmanie. L’Australie vient d’être durement frappée par la sécheresse et la crise économique. Pour beaucoup d’immigrants, l’aventure se termine là, incapables de cultiver des terres hostiles, forcés de tout quitter.

Photo : Launceston, années 1920

Veska, de passage à Sydney avant son retour au pays, rend visite à Vajbar. Tous deux décident de s’associer. Ils prennent la route de la Tasmanie et versent leurs dix dernières livres pour obtenir la location d’une ferme à South Springfield, au pied du mont Maurice. Sur place, la réalité les rattrape : la terre est couverte de fougères épaisses, le terrain grouille de lapins sauvages. Leur installation se fait dans une cabane à moitié délabrée. Pour tenir, ils font appel à Mme Full, tenancière d’une auberge bohème de Sydney, qui accepte de leur prêter cent livres, indispensables pour conclure la location. En attendant que la transaction soit finalisée, ils se lancent dans la chasse aux lapins, des milliers, piégés, abattus, dépecés puis revendus sur les marchés locaux, ce qui leur permet de générer rapidement des revenus inattendus.

Dans le même temps, les pommiers de la ferme livrent une récolte abondante, aussitôt commercialisée. Grâce à cette manne, ils acquièrent deux chevaux, une vache, du matériel, des semences, et commencent à défricher le terrain. Leurs méthodes et leur énergie attirent vite la curiosité des voisins, qui viennent observer ce duo d’Européens déterminés. Vajbar impressionne : capable d’écorcher jusqu’à soixante lapins en une heure, il devient une figure locale. Veska, quant à lui, gagne la confiance des éleveurs comme spécialiste des maladies du bétail. Rapidement, le cheptel s’agrandit : vaches, cochons, volailles, bientôt deux cents moutons. Vajbar peut enfin concrétiser son rêve : fabriquer du fromage sur place.

Le succès est immédiat. Les habitants raffolent de ses fromages. La production augmente, un point de vente s’ouvre à Launceston, puis les produits partent vers le continent australien. Trois ans suffisent pour que la ferme acquière une solide réputation en Tasmanie. La sœur de Vajbar, venue de Moravie, épouse Veska et fonde une famille sur place, assurant la continuité de cette aventure agricole et fromagère. Vajbar, lui aussi, se marie, élève deux fils et finit sa vie sur cette île lointaine, laissant derrière lui une tradition vivace.

Préparé par Martinnekola

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