Le mot « attente » ne circule jamais dans la bouche de l’équipe Tatra Expedition Around World 2. Ici, quand une frontière claque ou qu’un visa refuse de se montrer, il ne s’agit que d’un accroc temporaire. Au printemps prochain, le convoi mettra le cap sur l’Afrique, prêt à traverser Djibouti, le Somaliland, l’Éthiopie, mais aussi le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Malawi, la Zambie, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie. Leur ambition : poursuivre coûte que coûte l’aventure, tenir parole auprès de ceux qui comptent sur eux, et faire le pari d’une expédition hors du commun où chaque participant trouve sa place. L’équipe ne lâche rien : « Venez avec nous dans ce périple ! » promettent-ils, bien décidés à ne laisser personne sur le bord du chemin.
Marek Havlicek, fondateur de TKS2, a accepté de partager en toute transparence les défis et espoirs de cette traversée africaine.
Où en est la Tatra, et comment avez-vous vécu les derniers mois, notamment le casse-tête des visas russes ?
Notre Tatra 815, affectueusement baptisée Trajda, roule déjà vers le continent africain. Le véhicule d’assistance, lui, reste sagement au garage pour cette séquence du voyage. L’annonce d’une fermeture de la frontière russe bien plus longue qu’imaginé a chamboulé nos plans : impossible de respecter le calendrier initial d’un départ en mars 2021. Rapidement, l’équipe a opté pour une solution radicale : transférer la Tatra en Afrique, territoire que douze pays acceptent encore de traverser. La majorité de nos soutiens ont applaudi cette décision. Seuls quelques rares indifférents sont restés à l’écart. Grâce à ÚAMK, les démarches ont abouti à l’obtention des visas, permettant à l’équipe de s’envoler pour Astrakhan, en Russie, et d’y récupérer les camions.
Il était prévu de reprendre l’itinéraire asiatique cette année. Ce détour par l’Afrique s’impose-t-il comme une adaptation au contexte ? Et combien de temps cette étape va-t-elle durer ?
Chez TKS2, chaque décision naît des discussions de groupe. Cette expédition n’est pas un voyage ordinaire, mais une aventure collective où l’esprit d’équipe décide de la direction. L’adaptation reste la règle, surtout dans cette période où le voyage doit composer avec une incertitude rarement atteinte. L’objectif demeure : vivre ce projet débuté dans l’adversité, et ne jamais baisser les bras. Tout est fait pour répondre aux attentes des participants. Après des centaines d’appels, de vérifications administratives et de consultations, tout indique que le terrain reste praticable. Notre vigilance est totale, mais la confiance domine : dans deux mois, le moteur ronronnera à nouveau et TKS2 roulera en Afrique.
Source : Archives Marek Havlicek, voyage en Afrique (2008, 2010), Congo.
Le public reste-t-il au cœur de l’expédition africaine ? Les candidats asiatiques suivent-ils l’aventure ?
Pour remercier la fidélité de ceux qui attendaient de partir l’an dernier, l’équipe a décidé de leur octroyer un avoir supplémentaire de 50 %, utilisable sur l’étape africaine, sans coût additionnel. Ce geste vise à entretenir la confiance, marque de reconnaissance envers le collectif. Près de 80 % des futurs voyageurs inscrits pour l’Asie ont répondu présent pour l’Afrique. Les autres patienteront pour une opportunité de rejoindre le projet plus tard, sur une séquence asiatique ou américaine, selon leurs préférences. Régulièrement, de nouveaux passionnés manifestent leur envie de s’embarquer dans l’aventure. Si certaines étapes affichent complet, il existe toujours quelques places pour les curieux et les enthousiastes décidés à vivre l’expérience.
Stanislav Synek doit jouer un rôle particulier dans cette expédition. Sa participation est-elle déjà organisée ?
A 83 ans, M. Synek conjugue l’énergie et la volonté. Mais la priorité reste sa santé. Il a fait le choix de se joindre au début du voyage, celui qui relie Djibouti, le Somaliland et l’Éthiopie. L’équipe souhaite qu’il bénéficie d’une vaccination contre la covid-19 et voyage dans une bulle de sécurité. Les modalités doivent encore être ajustées selon son état de forme. Doyen du groupe, il pourra intégrer l’équipage quand il le souhaitera, l’équipe y veille avec une attention particulière.
Source : Archives Marek Havlicek, voyage en Afrique (2008, 2010).
Comment la série documentaire sur le parcours de l’équipe a-t-elle été accueillie par le public ?
L’accueil a été sans ambiguïté : des centaines de messages exprimant gratitude et enthousiasme sont arrivés, saluant une immersion précieuse dans la réalité d’autres pays à l’heure du covid, les difficultés concrètes d’un périple en temps de crise, et le partage d’images authentiques du quotidien local. Ce documentaire s’est attaché à montrer avant tout les rencontres humaines, loin du simple carnet mécanique ou du récit centré sur l’équipe. C’est cette approche qui a touché le public.»
L’équipage doit-il prévoir des vaccinations ou des tests particuliers, notamment contre le covid-19 ? Comment seront gérés les contrôles en Afrique ?
Certaines vaccinations sont tout simplement obligatoires : la fièvre jaune, par exemple, conditionne l’entrée dans plusieurs pays. La preuve d’un test covid-19 négatif est exigée avant d’embarquer en avion. Des dépistages ponctuels viendront jalonner le parcours, afin de s’aligner sur les règles des différents territoires et de garantir la sécurité du groupe.
Source : Archives Marek Havlicek, voyage en Afrique (2008, 2010).
Ce récit a été réalisé en étroite collaboration avec l’équipe TKS2 et une société partenaire chargée du SEPR.




