Si vous avez ouvert cet article, vous allez probablement en Australie ou du moins y penser. Est-ce que je vais trouver un emploi ? Combien dois-je y gagner ? Est-ce que je sors avec l’argent ? Ce sont toutes des questions que vous vous posez probablement. J’ai aussi eu des marches de réflexion similaires avant de me rendre en Australie.Tout d’abord, je voudrais tout de même dire que dans cet article, je parle principalement de ma propre expérience et de celle des gens qui m’entourent. Tenez également compte du fait que l’Australie est un pays énorme et que, bien sûr, les conditions varient d’une région/ville à l’autre. J’ai vécu moins de deux ans à Sydney entre décembre 2017 et octobre 2019 . Je vais donc décrire la situation juste à Sydney. Il est possible que les conseils et les conseils puissent être appliqués n’importe où ailleurs. Mais je ne mettrai pas ma main dans le feu.
Que faut-il organiser avant de chercher du travail ?
Avant même d’espérer décrocher un job à Sydney, il faut passer par la case administrative : demander son numéro fiscal australien, le fameux TFN (Tax File Number). Sans lui, l’emploi déclaré reste inaccessible, même si les annonces au « cash in hand » fleurissent à chaque coin de rue. La démarche s’effectue en ligne et ne coûte rien ; certains employeurs s’en moquent, mais mieux vaut partir sur des bases claires.
Sur place, le contrat de travail écrit reste une denrée rare. Beaucoup débarquent, veulent travailler vite, et acceptent de démarrer immédiatement, sans aucune garantie. Ce fonctionnement arrange un peu tout le monde, mais il faut garder à l’esprit où l’on met les pieds, surtout au début.
Aussi, de nombreux emplois d’appoint, cafés, boutiques, ou restaurants, réclament parfois un ABN (Australian Business Number), l’équivalent local du statut d’auto-entrepreneur. Gratuit à obtenir en ligne, ce sésame s’avère précieux pour ceux qui veulent enchaîner les missions ponctuelles, sur les chantiers ou dans l’événementiel.
Comment trouver du travail à Sydney ?
Venir avec un diplôme universitaire sous le bras ? Bonne chance pour impressionner qui que ce soit lors de votre arrivée à Sydney. Les nouveaux venus trouvent rarement un poste dans leur branche, du moins au départ, à moins d’avoir déjà des contacts sur place. La plupart du temps, c’est l’hospitality qui ouvre les portes : cafés, restaurants, hôtels recrutent à tour de bras. Beaucoup démarrent par là, tout simplement.
Les postes de ménage attirent aussi beaucoup de jeunes femmes arrivant à Sydney. Contrairement à ce que l’on croit parfois, le regard sur ce métier n’est pas du tout le même qu’en France, et le salaire offre souvent de belles surprises. Les hommes, quant à eux, obtiennent facilement des postes de jardinier, déménageur ou sur les chantiers.
Le marché de l’emploi à Sydney fonctionne sur l’instantané. On appelle, on décroche un essai, le fameux « trial », parfois dès le lendemain. Si ça colle, vous débutez aussitôt. La méfiance ou le formalisme n’ont pas leur place ici : il faut montrer ce qu’on sait faire, le reste suit rapidement.
Pour trouver des offres, Facebook reste incontournable : des groupes entiers d’expatriés publient chaque jour de nouvelles annonces, et les communautés « Tchèques et Slovaques en Australie » ne sont qu’un exemple parmi d’autres. Mais les job boards en ligne restent efficaces pour consulter ou déposer son profil.
Quand on sait précisément dans quelle branche on souhaite se lancer, la meilleure formule reste l’approche directe. Pas besoin de se présenter costumé : imprimez une pile de CV et partez les distribuer de porte en porte. Demandez à rencontrer le responsable, sinon votre CV risque de finir à la corbeille une fois votre dos tourné. L’envoi par mail reste possible, mais quelques relances téléphoniques font souvent la différence.
À quoi faut-il faire attention ?
Oubliez la garantie du contrat signé pour chaque poste. Le marché tourne, les équipes changent fréquemment, les salaires sont payés chaque semaine, tout comme le loyer. Le vrai risque ? Partir précipitamment et ne jamais voir la couleur de votre dernier salaire. En réalité, ceux qui se font vraiment avoir restent rares dans mon cercle ou parmi mes connaissances.
Si signer un contrat vous rassure, libre à vous de demander, mais la majorité préfère fonctionner à l’australienne : rapide et sans attaches formelles.
Le visa étudiant, jusqu’il y a peu, représentait la porte d’entrée la plus accessible. Officiellement, il limite à 20 heures de travail par semaine. Dans la pratique, beaucoup dépassent cette limite, en accord tacite avec l’employeur. Ce fonctionnement encourage un marché parallèle… et ne choque personne. On vous demandera rarement le visa en main propre.
Pour ceux qui disposent déjà d’un diplôme, mieux vaut étudier les visas « work and holiday », beaucoup plus souples côté horaires. Nous n’avons pas testé ce dispositif, lancé après notre arrivée, donc pas de retour pratique à ce sujet.
Des écoles australiennes proposent également des inscriptions factices, garantissant une légalité administrative sans aucune exigence de présence réelle. Il suffit de payer : vous voilà inscrit, libre de travailler et de vivre selon vos envies. Ce choix séduit bon nombre d’étrangers jonglant entre petits boulots et « études » symboliques.
Côté salaires, ne descendez jamais sous le taux minimum légal : en 2019, il s’élevait à 19,49 $/heure, la plupart des jobs débutant autour de 20 $. Travailler en dessous de ce seuil revient à vivre à perte, tant le coût de la vie sur place s’avère élevé.
Est-ce que je sors avec l’argent ?
La question du budget revient sans cesse. Vivre en Australie coûte cher, et cela pousse à se demander si l’expérience vaut vraiment le coup. Pourtant, à Sydney, quiconque le souhaite sérieusement finit par décrocher un job. En travaillant régulièrement, en évitant de dépenser sans compter en sorties ou restaurants, on arrive à tenir la route. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un contraint de rentrer à cause d’un compte vide. Un focus complet sur le coût de la vie à Sydney est en préparation.
Que faisons-nous et comment avons-nous trouvé du travail?
Mon tout premier job, c’était dans un café : trois jours après avoir posé le pied au sol australien, entretien, essai dès le lendemain, et embauche dans la foulée. L’offre décrochée via un groupe Facebook. Rapidement, je me suis rendu compte que beaucoup de compatriotes, Tchèques ou Slovaques, avaient du mal avec l’anglais, même après des mois sur place. Avant le départ, j’enseignais justement l’anglais à la maison ; j’ai donc proposé des cours à Sydney, dans les parcs ou les cafés. Les élèves étaient au rendez-vous, j’alternais entre les shifts au café et les heures de cours, un rythme tenu près d’un an.
Après un certain temps, j’ai ressenti l’envie de changer d’air. Grâce à un contact, j’ai rejoint une société de construction en tant qu’office manager : gestion administrative, relation client et fournisseurs, un soupçon de compta, un zeste de marketing… une mission bien plus raccord avec mon diplôme. Je continuais en parallèle à travailler au café une fois par semaine, juste par plaisir.
En prime, je montais aussi mon activité indépendante : création de sites web, gestion des réseaux sociaux, pour des clients tchèques. Au début, les shifts de serveur étaient payés intégralement en espèces, puis, un mini-contrat a officialisé une partie du job, le reste du salaire restant en liquide. Quant au poste d’office manager, il tombait sous le régime ABN, sans limite d’heures et tout déclaré.
Martin, lui, s’est immergé deux ans dans la pose de planchers. D’abord dans une société dirigée par un Slovaque, puis dans une autre pour de meilleures conditions. Les deux jobs trouvés en ligne, le tout en quelques jours à peine. Après avoir forgé son expérience, il s’est lancé à son compte et a monté sa boîte spécialisée, travaillant pour un grand acteur local en freelance. Ce parcours lui a permis d’assurer un salaire correct, et de découvrir un autre rapport au travail.
Comme beaucoup, Martin a commencé par des missions payées en espèces avant de passer sous ABN. Plus tard, il a créé une Pty, l’équivalent australien d’une SARL.
Quelques conseils pour conclure
Des astuces concrètes pour mettre toutes les chances de votre côté :
- Diffuser son CV à tout-va. Même sans expérience, adapter sa candidature à chaque poste reste une clé. Peu importe les détails, l’important, c’est de personnaliser son parcours.
- Pour progresser en anglais, évitez de rester exclusivement entre compatriotes. Sortir de sa bulle permet de progresser plus vite et d’oser s’exprimer, même en tâtonnant.
- Le téléphone, c’est votre meilleur allié. L’anglais n’est pas parfait ? Peu importe : la plupart des recruteurs sont eux-mêmes étrangers, et savent ce qu’est l’accent.
- Faites le tour des quartiers, CV à la main. Rien de mieux que le contact direct pour ouvrir une porte.
Pour nous, le job a été trouvé en quelques jours, bien souvent grâce à Internet ou via Facebook, le tout, avec un simple visa étudiant. Martin a ensuite changé de statut ; de mon côté, j’ai opté pour un visa partenaire, ce qui a allégé pas mal de démarches. Autour de nous, rares sont ceux qui ont échoué à équilibrer leurs comptes à Sydney. Avoir un niveau d’anglais correct aide. Mais surtout, Sydney récompense ceux qui prennent un risque, quittent leur routine, et osent franchir la première porte, à l’australienne.






